2. L’exposition d’une pellicule photographique

L’exposition d’une pellicule photographique

2.1 Les films noir et blanc

2.1.1 Structure

1- Couche anti-abrasion: Protection de l’émulsion contre les égratignures.

2- L’émulsion: L’émulsion est composée de grains de bromure d’argent et de gélatine collés au support avec une colle transparente. La grosseur des grains de bromure d’argent déterminera la sensibilité du film. Plus le grain est gros plus sensible est l’émulsion.

3- Support: Le support est en acétate de cellulose, ce qui permet de l’enrouler facilement.

4- La couche anti-halo: Prévient la formation de <halos> causés par une réflexion de la lumière sur le support.

2.1.2 Image latente

Image produite sur la pellicule photographique au moment de l’exposition.

C’est l’image captée par le support photographique qui résulte en un changement physique des sels d’argent.

2.1.3 Image négative

Après la prise de vue, l’image captée sera développée dans des solutions chimiques à l’inverse des tonalités normales représentées.

2.1.4 Le film noir et blanc

C’est un support d’acétate, avec un enduit protecteur au dos et une émulsion photographique sur sa face.

Émulsion photographique:  sels d’argent, ils sont plus ou moins sensibles à la lumière par rapport à leur grosseur, (les sels plus gros sont plus sensibles que les plus petits).

On incorpore à l’émulsion des sensibilisants aux couleurs car les sels d’argent sont beaucoup plus sensibles à la lumière bleue.

Comparaison d’une émulsion à grain fin (à gauche) et 
une émulsion à gros grain (à droite).

2.1.5 La sensibilité des films

Les films sont calibrés par la norme ISO (International SystèmeOrganisation)

Tableau comparatif des films noir et blanc

Norme ISO Sensibilité Granulation Contraste
25 ISO peu sensible grain très fin contrasté
32 ISO
50 ISO
100 ISO moyennement sensible grain fin moyennement contrasté
125 ISO
200 ISO
400 ISO sensible grain plus gras peu contrasté
1 000 ISO ultra sensible gros grain très contrasté

2.1.6 La latitude

La latitude est la capacité d’un film d’accepter une marge d’erreur dans la quantité de lumière nécessaire à son exposition. Les films négatifs peuvent habituellement supporter une erreur de 1/2 cran en sous-exposition ou en sur-exposition, les films positifs demandent cependant une exposition plus précise. L’évolution des films favorise cependant la fabrication de films dits <automatiques> ou ayant une plus grande latitude de pose.

2.1.7 Processus de développement des négatifs noir et blanc

1- Révélateur :  Processus chimique basique qui fait apparaître les sels d’argent qui ont été exposés à la lumière. Les sels ayant reçus de la lumière vont apparaître noir sur le film. Les sels n’ayant pas été exposés ne se développent pas.

2- Bain d’arrêt:  Processus chimique acide qui arrête l’effet du révélateur sur les sels d’argent. Le lavage à l’eau courante peut suffire.

3- Fixateur:  Processus chimique acide qui fixe les sels d’argent qui ont été développés par le révélateur. Cette étape dissout aussi les sels d’argent qui n’ont pas été exposés.

4- Lavage:  Cette étape nettoie le film des sels d’argent non exposés et des résidus de produits chimiques.

2.2 L’ ouverture de l’objectif : le diaphragme

2.2.1 Analogie avec l’oeil

Comme l’iris de l’oeil il sert à diminuer et à augmenter la quantité de lumière admise dans l’appareil. Le diaphragme contrôle l’entrée de la lumière dans l’objectif.

Le diaphragme remplit deux fonctions dans le processus d’exposition de la pellicule photographique. Il contrôle la quantité de lumière par le diamètre de son ouverture et la profondeur de champ (zone de netteté) du sujet.

2.2.2 La valeur du f:

Le diaphragme peut être ouvert ou fermé à volonté selon l’intensité de la lumière. Complètement ouvert la valeur f sera en rapport direct avec la longueur focale de l’objectif et de son diamètre.

Longueur focale = Distance entre le centre optique et le plan focal.

Cette ouverture est un facteur représenté par la lettre f.

Toutes les ouvertures inscrites sur la bague de l’objectif sont des fractions de la longueur focale de cet objectif.

Le rapport < f > et le diamètre de l’ouverture varieront d’un objectif à l’autre.

Ex.: f/8 sur un objectif 35 mm (longueur focale), sera beaucoup plus petit que f/8 sur un 135 mm.

Cependant toutes ces ouvertures au nombre < f > identiques diffuseront sur le film une quantité de lumière identique. Le diamètre du diaphragme étant pour une valeur < f > proportionnel à la longueur focale.

f/2 = 1/2 longueur focale

f/4 = 1/4 longueur focale

f/16= 1/16 longueur focale

Ouvertures < F > d’un objectif courant:

F: 2 la plus grande ouverture
2,8  
4  
5,6  
8  
11  
16  
22 la plus petite ouverture
Petite ouverture = grande profondeur de champ
Grande ouverture = petite profondeur de champ
Le rapport entre deux ouvertures est du simple au double.

Exemples des rapports entre l’ouverture et la quantité de lumière

Une ouverture de F: 2 laisse entrer deux fois plus de lumière que l’ouverture de F : 2,8.

L’ouverture de F: 16 laisse pénétrer deux fois moins de lumière que l’ouverture de F: 11.

L’ouverture de F: 11 fait entrer quatre fois plus de lumière que l’ouverture de F: 22.

Exemples des rapports entre l’ouverture et la profondeur de champ

Une ouverture de F: 2 donne la plus petite profondeur de champ.

Une ouverture de F: 22 donne la plus grande profondeur de champ

L’ouverture de F: 11 donne plus de profondeur de champ que l’ouverture de F: 5,6.

L’ouverture de F: 4 donne moins de profondeur de champ que l’ouverture de F: 16.

2.3 L’obturateur de l’appareil photographique

L’obturateur contrôle l’entrée de la lumière dans l’appareil photographique. Il remplit deux fonctions dans le processus d’exposition de la pellicule photographique. Il contrôle la quantité de lumière par la durée d’exposition la lumière et la perception des mouvements par l’appareil photographique.

L’obturateur des appareils 35 mm reflex est un obturateur à rideau. Le rideau s’ouvre lors de l’exposition pour laisser la lumière atteindre le film.

2.3.1 L’obturateur à rideau

L’obturateur focal ou à rideau est placé à l’intérieur de l’appareil juste en avant du plan du film. Il consiste en deux rideaux séparés: Un premier qui se rétracte au déclenchement, et un deuxième qui se ferme en suivant le premier avec un délai déterminé par le temps d’exposition. La largeur de la fente ou de l’espace entre les deux rideaux se raccourcira en proportion de la durée de l’exposition.

Avantages:

– Il peut fonctionner avec n’importe quel objectif monté sur l’appareil

– On peut regarder à travers l’objectif sans exposer le film

Inconvénients:

– Plus bruyant

– Généralement, il ne peut être utilisé avec un flash avec des vitesses supérieures à 1/60 sec..

L’opération d’exposition de la pellicule photographique se fait généralement en une fraction de seconde. Les durées d’exposition contrôlées par l’obturateur s’étendent généralement de 1 seconde à 1/1 000 seconde.

Pour l’utilisation d’un flash électronique, la vitesse de synchronisation au flash se situe généralement à 1/60 seconde.

2.3.2 Temps d’exposition sur un appareil courant

1/1000 s Arrêt des mouvements rapides
1/500 s  
1/250 s  
1/125 s  
1/60 s Vitesse minimum à utiliser sans trépied (pour éviter un bougé)
Vitesse de synchronisation d’un flash
1/30 s  
1/15 s  
1/8 s  
1/4 s  
1/2 s  
1 s rendu très flou des mouvements
B pose illimitée


2.4.1 Définition de l’exposition

Pour bien exposer une pellicule photographique, il faut envisager quatre facteurs qui influenceront l’exposition de celle-ci.

Il faudra bien exposer l’émulsion photographique avec la lumière éclairant le sujet. Ceci se réalise en contrôlant l’ouverture du diaphragme et la vitesse d’obturation.

1) La lumière

Une scène donnée reçoit un éclairage particulier. Cette scène peut être en plein soleil au midi, un sous-bois sombre ou encore un gymnase peu éclairé. La quantité de lumière de la scène est le premier facteur à envisager.

2) Le film

Vous devez charger votre appareil photographique d’une pellicule photographique. Ce film a des caractéristiques que nous ne pouvons modifier. Il sera soit très sensible à la lumière ou encore peu sensible.La sensibilité de notre pellicule photographique est le deuxième facteur à envisager.

Note: Les deux premiers facteurs sont difficiles à modifier pendant une prise de vue en lumière ambiante. Notre sujet sera éclairé d’une certaine façon et nous aurons déjà une pellicule chargée dans notre appareil.

Ce sont les deux prochains facteurs que nous pourrons manipuler en fonction d’une part d’une bonne exposition et d’autre part d’un effet désiré.

3) La vitesse d’obturation

L’appareil nous offre une gamme de vitesse étendue qui nous permet de laisser entrer plus ou moins de lumière jusqu’au film et de figer ou non le mouvement.

Une vitesse rapide (1/1 000 sec) << gèlera >> tous les mouvements et laissera entrer peu de lumière, une vitesse moyenne (1/125 sec) donnera un léger flou et laissera entrer plus de lumière et une vitesse lente (1/30 sec) nous donnera des mouvements très flous et laissera entrer beaucoup de lumière.

4) L’ouverture du diaphragme

La gamme des ouvertures sur l’objectif est aussi étendue. Le diaphragme peut laisser entrer plus ou moins de lumière selon l’ouverture donnée et conséquemment plus ou moins de profondeur de champ selon l’ouverture choisie.

Une grande ouverture (F:2) laissera entrer beaucoup de lumière et donnera peu de profondeur de champ. Une ouverture moyenne (F:5,6) laissera entrer plus de lumière et donnera une profondeur de champ moyenne. Une petite ouverture (F:22) donnera beaucoup de profondeur de champ et laissera entrer moins de lumière.

Note: Ce sera avec le diaphragme et l’obturateur que nous contrôlerons l’entrée de la lumière pour bien exposer le film pour la quantité de lumière qui éclaire le sujet.

2.4.2 Exposer la pellicule photographique

Pour expliquer le processus d’exposition de la pellicule photographique nous pouvons faire la comparaison suivante:

Un système de plomberie où:

– la quantité de lumière est la pression existante dans les tuyaux;

– le bocal à remplir avec le système de tuyaux est notre film

– le diaphragme est notre tuyau qui peut s’élargir à volonté

– l’obturateur est une valve que nous pouvons ouvrir pour laisser entrer la lumière le temps désiré.

Notre objectif est de remplir le bocal en contrôlant le temps d’ouverture de la valve et la largeur du tuyau, la pression dans le tuyau étant constante.

Pour résoudre le problème de l’exposition du film, il nous faut maintenant connaître la quantité de lumière sur notre sujet. C’est à l’aide du posemètre que nous résoudrons ce dernier facteur.

 

2.4.3 Sous et surexposition

Dans le cas des films négatifs, une sous-exposition produira un manque de détails dans les zones foncées (ombres) qui ne pourront être récupéré à l’impression sur papier. Par contre, une surexposition aura comme effet un manque de détails dans les zones claires (hautes lumières). La perte dans ce cas est un peu moins dommageable, les détails ne disparaîtront pas complètement si la surexposition est mineure.

Les films positifs ou diapositives se comportent inversement. Une surexposition produira un manque de détails dans les hautes lumières (trop claire) irrémédiable, tandis qu’une sous-exposition augmentera la densité et causera une perte dans les ombres (trop sombre). Une sous-exposition d’un demi cran augmentera la saturation des couleurs et pourra être bénéfique dans certains cas.

Positif Négatif

Exposition normal

 

Sous-exposition

 

Sur-exposition

 


2.5 Utilisation du posemètre

2.5.1 Le posemètre

Le posemètre est un instrument permettant de mesurer l’intensité lumineuse d’une scène, afin de déterminer l’exposition nécessaire à un type de film. Dans l’appareil 35 mm, le posemètre intégré est composé d’une cellule sensible située dans le viseur. Celle-ci reçoit la lumière via l’objectif et le miroir et actionne un indicateur dans le viseur. La bague de diaphragme et le sélecteur de temps d’exposition sont couplés au circuit qui affiche la mesure en fonction de la sensibilité du film utilisé.

En mode manuel, une fois la vitesse d’obturation sélectionnée le posemètre nous indique quelle est l’ouverture de diaphragme permettant d’obtenir la bonne exposition. Il faut donc choisir le réglage en fonction du sujet et de la façon dont on veut le traiter.

Les posemètres sont conçus pour donner une bonne lecture d’exposition sur des sujets comportant une quantité assez égale de zones claires et de zones foncées. Si le sujet est beaucoup plus clair, il faudra augmenter l’exposition d’une valeur soit en ouvrant d’un cran ou en choisissant une vitesse deux fois plus lente par rapport à l’exposition suggérée. Inversement pour un sujet très foncé, il faudra fermer d’un cran ou utiliser une vitesse deux fois plus rapide.

2.5.2 Posemètre de base des appareils photographiques

Le posemètre est un appareil électrique qui réagit à la quantité de lumière. Les posemètres incorporés aux appareils reflex mono-objectif sont des posemètres à lumière réfléchie, ce qui indique que le posemètre réagit à la lumière qui est réfléchie par le sujet vers l’appareil.

Le posemètre est un appareil électrique composé d’une batterie, d’un circuit électrique muni d’une cellule photosensible à la lumière.

Lorsque cette cellule reçoit beaucoup de lumière, le courant électrique circule plus facilement, lorsque la cellule reçoit mois de lumière le circuit électrique est ralenti.

C’est à partir de l’intensité du courant électrique que le posemètre déduit la quantité de lumière de votre sujet et vous indique une ouverture de diaphragme et une vitesse d’obturation. On nommecouple de référence la vitesse et l’ouverture suggérées par le posemètre.

2.5.3 Limites de la lecture des posemètres à lumière réfléchie

Il ne faut jamais oublier que la mesure du posemètre se fait par la lumière qui est réfléchie par le sujet. Les posemètres à lumière réfléchie ont été calibrés pour donner le bon couple de référence sur des sujets reflètent la lumière à 18%.

Il faudra FAIRE ATTENTION aux surfaces noires, aux surfaces blanches et aux surfaces à haut contraste de lumière.

Exemples

 

Un champ de neige réfléchit la lumière à plus de 80%. Le posemètre ne le sachant pas, établira une exposition qui sous-exposera le film.

La lecture effectuée sur un groupe de personnes autour d’une chandelle est influencée par la dominance de la zone noire qui l’entoure. La quantité de noir autour de la scène trompera la lecture et établira une sur-exposition du film.

Un contre-jour, un personnage devant une fenêtre donnera aussi une lecture erronée. La lumière qui est derrière le sujet influencera le posemètre et établira une exposition erronée, sous-exposée.

2.5.4 Établir un couple de référence

Pour une quantité de lumière donnée dans un lieu, il y a un couple de référence pour une sensibilité de pellicule.

Pour établir une lecture juste avec le posemètre, il faut viser une zone neutre le plus près possible de 18% de réflexion (donc éviter les zones trop sombres ou trop claires) qui est éclairée de la même façon que le sujet à photographier.

De cette façon nous avons à la fois, une zone près du 18% et une zone qui est éclairée de la même façon que notre sujet. Le posemètre établira alors un couple de référence tout à fait juste pour exposer notre pellicule photographique.

Il est à noter que si l’éclairage sur le sujet ou la scène à photographier ne change pas, nous n’avons pas à effectuer à nouveau la lecture du posemètre.

Ce n’est pas le sujet ou la scène qui établit la vitesse d’obturation et l’ouverture du diaphragme mais bien la quantité de lumière qui éclaire le sujet.

Exemple

Vous avez un paysage avec de beaux nuages. Vous visez le sol qui ne contient que peu d’éléments très blanc ou lumineux (le ciel risquerait de vous induire en erreur). Le posemètre établit la lecture. Vous visez à nouveau votre sujet et prenez votre photographie selon cette lecture sans vous soucier à ce moment de la nouvelle lecture que le posemètre vous indique car vous la savez erronée.

Vous continuez à photographier tout autour sans prendre de nouvelle lecture de posemètre jusqu’à ce que vous changiez d’endroit ou encore jusqu’à ce qu’un nuage vienne changer la nature de l’éclairage.

2.5.5 Équivalences d’exposition

Le couple de référence donné par le posemètre n’est pas un absolu. Les appareils photographiques permettent de modifier la vitesse d’obturation ou l’ouverture du diaphragme à condition de toujours laisser entrer la même quantité de lumière.

Si un couple de référence vous donne 1/60 s à F: 8, vous pouvez ouvrir l’ouverture de diaphragme d’un cran ou deux, à condition d’enlever la quantité de lumière de trop par une modification de la vitesse d’obturation.

Exemple

1/60 s à F: 8, lecture de base

1/60 s à F: 4 modification de l’ouverture: 
ouverture de deux crans = 4 fois +

1/250 s à F: 4 rétablir la quantité de lumière: 
diminuer le temps d’exposition = 4 fois –

La profondeur de champ change, la perception du mouvement aussi.

La quantité de lumière qui atteint le film est la même, mais l’aspect visuel est différent.


2.6 Le contre-jour

Un sujet à contre-jour sera interprété par le posemètre comme une scène plus éclairée qu’elle ne l’est en réalité. Il faut donc interpréter cette lecture en ajoutant une ou deux valeurs d’exposition ou s’approcher du sujet, prendre une lecture et reprendre ensuite le cadrage initial.

Exemple:

Un sujet faisant dos à une fenêtre. Le posemètre interprétera la scène comme étant très lumineuse, l’exposition proposée sera alors trop faible. La valeur d’éclairement qui est importante dans ce cas est celle réfléchie par le sujet.